Avec les Arméniens, cent ans après

Le 21 février 1944, au Mont-Valérien, vingt-deux hommes tombaient sous les balles de l’Occupant. Parmi eux s’en trouvait un, que les affiches de propagande de l’armée allemande désigneront quelques jours plus tard comme « l’Arménien, chef de bande ». Missak Manouchian : c’était son nom.

Missak l’Arménien, arrivé en France en 1925, comme tant de ses compatriotes, après s’être réfugié au Liban.

Missak, le jeune natif d’Adyaman, qui vit mourir sous ses yeux son propre père, massacré par l’armée turque, alors qu’il avait à peine huit ans.

Missak dit Michel, entré à son arrivée à Paris comme ouvrier tourneur aux usines Citroën.

Missak le poète, qui traduisait Rimbaud et Verlaine en arménien.

Missak le militant, Missak le résistant, commissaire militaire des Francs-Tireurs Partisans – Main d’œuvre Immigrée.

Missak, mort pour la France à 38 ans, le 21 février 1944, au Mont-Valérien.

Missak, que la douleur de la mort de près d’un million et demi de ses concitoyens n’a jamais quittée, et qui resta marqué toute sa vie par ce qui fut le premier génocide de l’histoire du XXe siècle, au point de donner la sienne pour en empêcher un autre.

Comme tant d’autres Arméniens de son âge, il a été témoin de l’un des crimes contre l’Humanité les plus atroces de l’histoire de l’Europe. Les convois et les camps, les massacres des vieillards et les viols des jeunes filles, la déportation vers la Syrie et le Liban, les longues marches dans lesquelles nombre d’entre eux ont perdu la vie.

Comme 60 000 survivants, il a trouvé refuge en France. Comme eux, il a construit la France et contribué à l’essor de la Région capitale. Ils sont venus nombreux vivre à Alfortville, à Issy-les-Moulineaux, à Clamart, Arnouville, Belleville et dans bien d’autres communes ou quartiers d’Ile-de-France. Leurs descendants sont aujourd’hui 400 000.

La diaspora Arménienne, c’est la France et c’est l’Île-de-France.

Leur mémoire, c’est notre mémoire.

Hier soir, j’ai pris l’avion avec le Président de la République. Il y a là avec nous bien des élus Franciliens. Nous sommes arrivés à Erevan au petit matin. Nous sommes venus entourer les Arméniens et commémorer avec eux le centenaire du début du génocide. Pour nous souvenir de cette nuit où le Préfet de Constantinople ordonna l’arrestation de l’élite arménienne de la capitale ottomane. Ce n’était pas le premier massacre. Mais ce fut le jour où tout bascula, où tout commença. Où tout fut organisé. Où débuta, réellement, le génocide des Arméniens.

Reconnaître ce drame, le reconnaître dans toute son ampleur, le reconnaître comme génocide, ce n’est pas réparer l’Histoire. Car l’Histoire, qui ne s’efface pas, est irréparable. Mais cette reconnaissance vient dire que nous ne l’oublions pas et que nous ne devons pas oublier.

Reconnaître un génocide, c’est d’abord un travail d’historien. Un grand colloque international, porté par Yves Ternont, s’est d’ailleurs tenu en Sorbonne il y a quelques semaines. Nous l’avons soutenu et accompagné, avec le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France.

Reconnaître un génocide, c’est ensuite un acte politique. La France l’a reconnu en 2001. Le Parlement Européen quelques années plus tôt. Le Conseil de l’Europe il y a quelques mois. L’Autriche, pas plus tard qu’hier. D’autres pays du monde encore. Et, nous souhaitons tous qu’un jour le génocide des Arméniens soit reconnu par la Turquie. Parce que cette reconnaissance, dans le respect des victimes et dans le respect des vivants, sert de rempart au recommencement.

Reconnaître un génocide, c’est enfin en perpétuer le souvenir, et mener un travail de mémoire collectif et exigeant. La Région y apporte sa pierre. Peut-être avez-vous eu, d’ailleurs, ce numéro spécial de la Revue Histoire, qui a été mis à disposition des lycéens d’Ile-de-France. Il y aura dans la Région, de nombreux événements pour commémorer le centenaire de ce drame.

Les liens entre la France et l’Arménie, entre l’Ile-de-France et l’Arménie, sont des liens profonds parce qu’ils s’enracinent dans les déchirures de l’Histoire. Mais ils se vivent aussi au quotidien, aujourd’hui. Nous y travaillons en particulier avec la capitale, Erevan, avec laquelle nous avons un accord de coopération.

Lorsque vous passerez, dans les jours qui viennent, sur une place ou dans une rue, qui porte le nom de Manouchian, à Tremblay-en-France, à Gennevilliers, à Nanterre, à Rosny-sous-Bois, à Alfortville, Arnouville, Gonesse, Vitry, Ivry ou Paris, arrêtez-vous un instant. Souvenez-vous de cet homme. Souvenez-vous de ce qu’il a traversé, et de ce que tant d’Arméniens ont vécu dans leur chair. Et prononcez ces quelques vers qu’Aragon a repris, dans Le Roman Inachevé, de la dernière lettre qu’il a envoyée à sa femme, Mélinée, juste avant de mourir : Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre / Je meurs sans haine en moi.

Jean-Paul Huchon

Brassons nos idées !

Je crois beaucoup en l’intelligence collective.

Mais je crois sincèrement qu’aujourd’hui, on ne la pratique pas assez. C’est l’une des raisons de ce sentiment d’éloignement, de déconnexion qu’éprouvent les citoyens vis-à-vis de leurs élus. Vous l’avez largement relayé à l’occasion des ateliers « Imaginons notre Ile-de-France », qu’ont organisés l’an passé les huit fédérations socialistes d’Ile-de-France. Je l’évoquais sur ce blog il y a quelques semaines à propos de l’extrême-droite.

En politique, on invoque souvent un impératif : la décision. Oui, un bon politique décide. Mais celui qui prétend savoir tout, tout seul, est assuré, à un moment où à un autre, de commettre des erreurs et de perdre de vue l’intérêt général. Le problème, c’est que ses erreurs nous engagent tous et l’on paie toujours le prix, à long terme, d’une mauvaise décision politique. Cela peut coûter 600 milliards d’euros par exemple : c’est la montagne de dettes que nous ont laissée Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse en cinq ans.

Et voilà comment la déconnexion devient de la dépossession, dans tous les sens du terme. Ce n’est pas ma façon de faire de la politique : je me pense comme un capitaine, pas un caporal. Subordonné au projet, le collectif est la clef de voute de la décision ; c’est d’ailleurs la manière dont je conduis l’action de la majorité régionale en Ile-de-France, rassemblant les individualités, rassemblant la gauche au sein d’un collectif qui a produit des résultats que personne ne conteste. Le rassemblement de la gauche est une obsession car il est essentiel pour battre la droite et mener le combat face à l’extrême-droite. N’en déplaise, le rassemblement de la gauche ne se mérite pas, ne se décrète pas uniquement sur des accords d’états-majors des partis, au bout de longues heures de négociations à huis-clos : il se construit, il se travaille au quotidien. Avec les élus, avec les militants, et plus largement avec tous les citoyens qui se pensent de gauche, qui se vivent de gauche, mais ne prendront pas leur carte pour autant.

Depuis ces années, je n’ai pas changé : ma préoccupation est autant d’aller convaincre ceux qui participent déjà que d’aller chercher ceux qui n’y croient plus. Au fond, la question est simple : comment un élu peut-il demander aux gens de lui faire confiance, s’il a trop confiance en lui, et pas assez confiance en eux ? Il faut inverser cette tendance de notre société. La Région a toujours su être pionnière dans la participation des citoyens – je pense aux débats du Grand Paris Express, à la plateforme du débat publique ou au droit d’interpellation populaire. Je veux aller plus loin que ce que nous faisons déjà car la Région est devenue forte : elle peut et elle doit désormais rendre le pouvoir aux citoyens. Pas seulement pendant une campagne, mais aussi dans l’exercice du pouvoir, le temps d’un mandat. Cette révolution démocratique, je veux la faire avec vous tous. Parce que l’Ile-de-France se transforme, qu’aujourd’hui elle passe un cap. Ma seule ambition c’est que nous le passions tous ensemble, et non pas chacun pour soi. C’est l’engagement que je prends devant les Franciliens.

« Imaginons notre Ile-de-France » était une première étape ; c’était l’occasion d’écouter les besoins – et les critiques – de chacun. Je vous propose de passer à la seconde. « Brassons nos idées » sera l’occasion d’échanger avec chacun sur ce que nous pouvons faire ensemble en Ile-de-France. Je veux vous entendre, débattre avec vous, pour construire l’Ile-de-France de demain. Avec Olivier Thomas et Sandrine Grandgambe, nous vous avions donné rendez-vous hier à Marcoussis. C’était foisonnant. C’était convivial. Et j’ai beaucoup appris. J’aurai l’occasion d’y revenir. Ce n’est qu’une étape sur cette route de l’intelligence collective. Il y en aura d’autres. Et je compte sur vous pour qu’elles soient révolutionnaires.

Jean-Paul Huchon

Du Pass Navigo à tarif unique au Pass universel de services

JPH JDD ITV - Projet

« Ma priorité est de lutter contre les égoïsmes, le repli sur soi, les inégalités sociales et territoriales, car c’est là-dessus que prospèrent la droite et le Front National. Dès cette année, au 1er septembre 2015, nous allons mettre en œuvre le Pass Navigo à tarif unique. C’est une mesure majeure en faveur du pouvoir d’achat des Franciliens. Cela représente une économie entre 500 et 1.000 euros pour une famille en grande couronne. C’est aussi un moyen de rendre l’Ile-de-France accessible à tous et de renforcer les liens qui unissent les habitants de la Région. Dans mon projet pour la prochaine mandature, j’irai plus loin et je proposerai de transformer le Pass Navigo en un Pass universel de services. C’est révolutionnaire !

Ce sera en quelque sorte un passeport francilien, une carte d’accès à des services en commun. Il est déjà possible d’utiliser le réseau Vélib’ avec le Pass Navigo. Nous pourrons aussi mutualiser sur ce même support l’accès aux infrastructures sportives – comme les piscines –, culturelles – comme les musées ou les bibliothèques –, voire aux organismes sociaux ou de santé. Le Pass universel de services sera un enjeu démocratique évident, un enjeu de modernisation de l’action publique considérable, car générateur de nombreuses économies de fonctionnement, et un enjeu social majeur, car nous devons casser les barrières qui empêchent trop de Franciliens de bénéficier des services auxquels ils pourraient prétendre. L’Ile-de-France peut être pionnière. Nous pouvons le faire, nous devons le faire. »

Retrouvez l’intégralité de mon interview dans le JDD.fr

La droite entre en campagne : retour vers le futur

Valérie Pécresse aime les formules.

Depuis qu’elle est à la tête de l’opposition, j’ai eu l’occasion de le voir à l’œuvre. Et pour son entrée en campagne, elle ne change pas ses habitudes : peu importe la vérité au fond, l’important c’est de faire croire qu’elle est de son côté.

Mon bilan, c’est donc mon « boulet ». Convenons que ce n’est ni très original, ni très élégant.

Sauf que son programme, c’est mon bilan. Et celui de la majorité que je conduis.

Le plan ORSEC pour les transports ? Il s’appelle le plan de mobilisation. Nous l’avons lancé avec les départements en 2008 pour combler 30 ans de sous-investissement chronique dans les transports. Et nous l’avons imposé au gouvernement dont faisait partie Valérie Pécresse, qui souhaitait ne s’occuper que de relier des clusters super développés, dont les Franciliens ne verraient jamais la couleur. Pendant que Valérie Pécresse soignait la forme par moult communiqués pour dire que nous ne faisions rien, nous avons agi : plus d’un milliard d’investissements par an, 10 grands projets de métro, de tramways et de bus ont vu le jour, 40 projets sont aujourd’hui en travaux et nous avons engagé la désaturation de la ligne 13 ainsi que l’amélioration des lignes RER et Transilien.

Un grand plan pour le logement ? Nous avons investi 1 milliard d’euros dans le logement depuis 2010. Si nous n’avions pas pris la décision d’accompagner les bailleurs sociaux d’Ile-de-France, 80% des immeubles qui sont sortis de terre ces cinq dernières années n’auraient pas vu le jour. Et pendant que nous nous évertuons à rééquilibrer la construction dans toute l’Ile-de-France, ses amis annulent des permis de construire dans les villes qu’ils ont conquises. Ils bâtissent des bureaux là où il y en a déjà, ce qui contribue à saturer encore davantage les transports en commun. Creuser les inégalités pour mieux les pointer du doigt.

Un grand pacte régional pour la ruralité ? Je partage la nécessité de soutenir, d’accompagner et de défendre le développement des territoires les moins urbains de l’Ile-de-France. Mais ce pacte existe déjà : la Région, par des contrats dédiés, aide les communes qui en ont le plus besoin à maintenir des services publics de qualité, à rénover leur centre ville, à installer des commerces de proximité.

Un grand pacte pour l’emploi avec les entreprises franciliennes ? Encore raté, il existe déjà : c’est un pacte pour le développement économique que la majorité régionale a signé avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France. Il permet aujourd’hui de financer le pass Navigo unique dans un accord gagnant/ gagnant : marges supplémentaires pour les TPE et pouvoir d’achat aux Franciliens. Un pass unique qui vient parachever une politique de dézonage que nous avons conduit avec constance chaque année, sans jamais sacrifier l’offre. Il vient aujourd’hui compléter un plan d’investissements sécurisés par les engagements de l’Etat et de la Région.

Depuis 2010, Valérie Pécresse n’a même pas pris conscience que l’Ile-de-France était déjà la première région d’Europe. Elle n’a même pas vu que parmi les Régions capitale du continent, l’Ile-de-France était celle qui se transformait le plus. Elle n’a même pas constaté qu’aujourd’hui l’Ile-de-France produit 31% de la richesse de notre pays, alors qu’elle n’y contribuait qu’à hauteur de 28% il y a 15 ans.

Oui, la vie reste dure pour de nombreux Franciliens ; oui, les inégalités restent fortes en Ile-de-France. Mais sans l’action conduite par la majorité que je dirige, elles se seraient creusées bien davantage. Valérie Pécresse partage notre analyse sur les fractures territoriales, je ne peux que m’en réjouir ; mais qui peut croire, à part elle, que la droite qu’elle représente sera le chantre de la lutte contre les inégalités sociales ? Qui peut croire, à part elle, que la droite qu’elle représente protègera davantage le tissu associatif que n’a su le faire la majorité que je dirige ? Qui peut croire, à part elle, que la droite qu’elle représente fera davantage pour la culture que nous l’avons fait nous-mêmes ?

Valérie Pécresse souhaite se concentrer « à 100% à l’Île-de-France » ? Dont acte : mais pourquoi croire qu’elle sera demain pleinement au côté des Franciliens alors qu’elle a toujours cumulé depuis qu’elle est conseillère régionale ? Rien ne l’empêchait de se consacrer à 100% à son mandat de présidente du groupe d’opposition, personne que je sache ne la contraignait à être députée.

Depuis 2010, Valérie Pécresse a réussi le tour de force de voter contre son programme de 2015.

Depuis cinq ans, elle s’est résolument opposée à tout ce qui pouvait réduire les fractures sociales, territoriales, économiques, éducatives : le schéma d’aménagement, qui organise aujourd’hui le rééquilibrage entre l’est et l’ouest de la Région capitale sur les quinze prochaines années. Le Nouveau Grand Paris, qui modernise le réseau existant et apporte aussi du transport là où il n’y en a pas. Le plan de lutte contre le décrochage scolaire. La tarification sociale et progressive dans les cantines des lycées. Et bien entendu, le pass Navigo unique.

Depuis cinq ans, la droite n’a rien voulu construire ; elle s’est contentée de déconstruire. Maintenant qu’elle est en campagne, elle est pour réparer des fractures qu’elle contribue elle-même à produire, en faisant des communes et des départements qu’elle dirige des bases retranchées.

A force d’aimer les formules, Valérie Pécresse croit sans doute qu’elles sont magiques. Qu’elles feront oublier son passé. Qu’elles cacheront ses contradictions. Qu’elles feront avancer les tunneliers plus vite. Qu’elles feront disparaître les ghettos de pauvres, tout en préservant les ghettos de riche. Le sarkozysme de 2012, passé au tamis des formules empruntées à la gauche. On connaît le résultat.

This Land is Your Land*

* Cette terre est la votre. Chanson tirée d’Americana, le 35e album de Neil Young.

Il y a deux semaines, l’Île-de-France traversait un pic de pollution. Et voici que sans surprise, à la faveur de la météo clémente de ce mois de mars, les évènements se répètent. Comme tout responsable politique aujourd’hui, ma première préoccupation reste évidemment notre santé à tous, et en particulier celle des Franciliens les plus fragiles et les plus exposés aux particules fines : les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes.

Lorsque la situation dure et que les prévisions météo ne permettent pas un retour rapide à la normale, il faut bien sûr prendre les décisions qui s’imposent. En à peine un an, j’ai pris mes responsabilités en mettant en place la gratuité des transports en commun à deux reprises. Il s’agissait  d’inciter ceux qui prennent habituellement leur voiture à emprunter plutôt le RER, le métro ou le bus quand cela est possible. Avec Paris, nous avons souhaité anticiper et prendre très tôt des mesures pour répondre à la montée de la pollution cette semaine. De réunions de travail en cellules de veille, la menace se précise ; avec Anne Hidalgo, nous avons (re)demandé aujourd’hui à l’Etat de décider du contournement de l’agglomération francilienne pour les poids lourds. Nous agissons.

Mais la pollution de l’air est un problème qui dépasse la stricte urgence. Ne comptez pas sur moi pour y aller par quatre chemins : c’est un problème de santé publique grave et quiconque a vécu les nuages de pollution qui se sont abattus sur l’Ile-de-France en mars dernier et cette année sait de quoi il en retourne. Sans hésitation il faut agir ; sans démagogie, il faut s’engager. C’est un enjeu de santé publique,  mais aussi un défi social, et une affaire de choix collectifs.

Aujourd’hui, les véhicules personnels représentent une part majeure des émissions de gaz à effet de serre. Pour autant, peut-on, du jour au lendemain, demander aux Franciliens d’abandonner leur voiture, ou aux livreurs d’abandonner leur camions, s’ils n’ont pas d’autre moyen de se rendre au travail ou de faire tourner leur entreprise ?

Mieux encore : peut-on demander aujourd’hui à tous les Franciliens de changer leur voiture, en particulier lorsqu’ils roulent au diésel ? Parmi les véhicules les plus polluants, ils n’y a pas que des 4×4 dernier cri : il y a aussi des voitures qui ont vécu – et si les gens n’en changent pas, c’est parfois tout simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens de le faire. Il nous faut par ailleurs ramer à contre-courant contre un certain nombre de décisions absurdes qui ont été prises avant 2012. Donner une prime pour l’achat d’un véhicule diésel, comme l’a fait la droite, voilà une décision qui n’a fait qu’empirer les choses.

Qui, enfin, est le plus exposé à la pollution ? Les Franciliens qui vivent aux abords des grands axes. Près du périphérique. Près des autoroutes. A proximité des usines. Près des grands openfields sur lesquels on pratique allègrement l’épandage. Inutile de préciser qu’ils font rarement partie des plus riches. L’inégalité devant la pollution existe ; et elle rejoint souvent l’inégalité sociale et territoriale. On ne peut pas l’oublier. Lutter contre les inégalités, c’est faire en sorte que les Franciliens aient le même accès à des modes de déplacement propres et la même protection contre la pollution de l’air.

Si l’on veut que les Franciliens renoncent à leur voiture, il faut leur proposer des solutions alternatives. Inutile d’engager le concours Lépine des propositions anti-pollution : les instruments sont sur la table mais il faut le courage et la volonté de s’en saisir : c’est ce que nous faisons en investissant massivement dans l’offre de transports en commun, avec la modernisation du réseau existant et la création du métro automatique du Grand Paris. C’est aussi ce que nous faisons avec le pass Navigo unique, pour inciter les Franciliens à préférer tous les jours les trains de banlieue. Il faut qu’ils voient financièrement la différence.

Si l’on veut que la circulation soit moins polluante, prenons aussi nos responsabilités en retirant progressivement de la circulation les bus qui roulent au diésel. C’est la décision que nous avons prise, pour que d’ici 10 ans, le parc de bus d’Ile-de-France soit 100% propre.

Au-delà de la circulation automobile, faire le choix d’une Île-de-France plus propre, c’est agir sur la répartition des logements et des bureaux, pour que les Franciliens n’aient pas à traverser dans les deux sens la Région Capitale, pour aller travailler le matin et rentrer chez eux le soir. C’est agir sur la préservation des espaces verts, pour garder des poumons dans la ville. C’est aider à financer la rénovation thermique des logements, pour mettre fin aux systèmes de chauffage les plus polluants, c’est changer de modèle agricole, c’est changer de modèle énergétique, et c’est peser sur l’industrie pour qu’elle diminue ses émissions polluantes.

C’est dans cette voie que nous avons très largement engagé la Région, n’en déplaisent aux grincheuses et aux grincheux de droite. C’est une révolution progressive, une révolution silencieuse, loin, peut-être du tumulte médiatique, mais plus efficace au long court. En revanche, ce qui est sûr, c’est que nous ne pouvons la mener seul. Les nuages de particules fines ne se préoccupent pas vraiment des frontières administratives. C’est donc un choix collectif : il suppose un travail commun de l’Etat, de la Région, de la Ville de Paris des départements et des grandes agglomérations. Chacun a des outils pour agir. Mais s’ils ne sont pas mobilisés dans le même sens, ils seront au mieux inefficaces, au pire injustes et contre-performants.

Pour ce qui me concerne, je persiste et je signe : on agit, on rassemble, on décide et on agit encore. Au-delà des frontières, du petit, du Grand Paris, de l’Île-de-France. This Land is your land.

Jean-Paul Huchon

Rassembler la gauche, unir l’Île-de-France : voilà mon ambition

Faire gagner la gauche en Île-de-France, pour que la Région Capitale que nous avons construite ne vole pas en éclats : voilà mon ambition. Je l’ai dit dans un entretien que Le Parisien a publié ce matin, que vous retrouverez ICI.

L’Île-de-France n’a pas basculé à droite, les Franciliens expriment un besoin d’unité, que nous seuls pouvons incarner : qui peut croire un parti qui prétend recoudre des fractures, alors que ses élus contribuent eux-mêmes à les produire, en refusant toute forme de solidarité ?L’Île-de-France n’est pas une région pour le FN. Mais il faut écouter, échanger et convaincre les Franciliens qui n’y croient plus.

Nous pouvons gagner si la gauche sait se rassembler autour d’un projet commun : c’est l’une des conditions de la victoire. Elle a manqué aux départementales : malgré l’engagement sans faille des militants et des candidats, notre rassemblement fut trop tardif.

Jean-Paul Huchon

De Conflans à Clichy, pour empêcher le grand-chelem de la droite

A Conflans-Sainte-Honorine, hier matin, je m’arrête au café du marché. Je suis avec Christophe Paris, candidat avec Pascale Desnoyers dans le canton. La jeune fille qui est au bar me tend un café et son téléphone : elle a appelé sa mère, Sylvie, que je connais depuis longtemps, pour qu’elle me donne de ses nouvelles. Conflans, c’est ma famille : la ville où j’ai creusé un sillon, où j’ai acquis de l’expérience. Sans Conflans, sans ses habitants, je ne serais pas aujourd’hui Président de Région.

Christophe, à mes côtés, incarne une génération nouvelle, combattante, profondément attachée à son territoire. Sa campagne n’a pas été facile ; mais cette fois, le Front national n’est pas au second tour : Pascale et Christophe l’ont battu. Dès lundi, la gauche s’est rassemblée et parle désormais d’une seule voix. C’est une condition nécessaire à la victoire. En ce jeudi, au marché de Chennevières, nous nous attachons donc à convaincre que dimanche prochain, la victoire de la gauche est non seulement possible, mais essentielle. Laisser la droite de Pierre Bédier faire le grand chelem dans les Yvelines, ce serait laisser la porte ouverte au conservatisme. Pour la démocratie, il n’y a rien de pire qu’une « majorité introuvable », rien de pire qu’une assemblée sans opposition.

Ce même combat, je vais le mener quelques heures plus tard à Clichy-la-Garenne. Je veux éviter que la droite, dans les Hauts-de-Seine, fasse moins de solidarité, et qu’elle puisse le faire dans le silence, sans qu’aucune voix de gauche ne soit là pour le dénoncer, ni même le faire savoir. Sous l’impulsion de la gauche, le territoire se transforme. Un nouvel écoquartier sort de terre. Et la gare de Clichy va bientôt être rénovée, et elle sera désormais reliée directement à la Défense, sans qu’il y ait besoin de changer de train à Bécons-les-Bruyères. Deux façons d’améliorer la vie des gens.

A chaque endroit où nous sommes passés hier et avant-hier, dans les allées des marchés, chez les commerçants, dans la rue, j’ai rencontré des Franciliens convaincus de partager quelque chose en commun : ils disent que la période est difficile, taclent régulièrement « les politiques » qui peinent à les comprendre ; mais ils disent aussi qu’ils ont envie de se battre, de sortir de la nasse, de faire en sorte que les choses aillent mieux. Pas simplement pour eux, mais aussi pour les autres. Les bénévoles que nous avons rencontrées dans la Maison de Quartier de Clichy, qui donnent de leur temps pour que les enfants ne se retrouvent pas le soir dans la rue, parce que leurs parents travaillent, sont la preuve vivante que le repli sur soi n’a rien d’irrémédiable. La solidarité, le partage : deux mots qui n’ont absolument pas perdu leur sens, et que la gauche seule accompagne et met en œuvre.

Jean-Paul Huchon