Ici c’est l’Ile-de-France !!

Enfin.

Enfin cette année l’Ile-de-France retrouve sa place de berceau du football français. Avec un PSG champion de France pour la troisième année consécutive et trois clubs franciliens en Ligue 2, l’Ile-de-France répond présent pour la saison 2015-2016. En tant qu’amateur de football autant que supporter de l’Ile-de-France, je me réjouis que cette année, en ligue 2, le Red Star croise les chemins du Paris FC qui aura maille à partir avec l’US Créteil-Lusitanos.

Et que dire du match d’ouverture de la Ligue 2 ce soir ? Cette affiche « made in Ile-de-France » annonce, elle aussi, une saison rythmée par des derbys qui vont faire chauffer les téléviseurs à Paris, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne. En deuxième division depuis 2013, le Créteil Lusitanos fait déjà la fierté des Cristoliens depuis quelques années. Mais la montée du Red Star cette année est tout un symbole. Ce retour en grâce du club audonien ravive les souvenirs d’une aventure sportive unique dans notre région. Marquée par le passage de grands noms du football des années 1930-1940 comme Helenio Herrera ou André Simonyi, cette équipe a fait la preuve de sa détermination grâce à un effectif jeune et diversifié et à un staff ambitieux. Si l’on pense aux futurs derbys qui auront lieu aussi entre ces deux clubs et le PFC, on se dit que notre région est vraiment une pépinière de talents du foot.

Le sport aide à lutter contre les inégalités et faire pacifier nos sociétés modernes.. La politique sportive régionale, depuis des années, vise ainsi à favoriser la pratique du sport pour tous les Franciliens. Nous l’avons déclinée à travers la mise en place de nombreux équipements sportifs, comme les 60 terrains en pelouse synthétique qui ont été financés depuis 2011, mais aussi par une politique de soutien et d’accompagnement du mouvement sportif via un partenariat avec près de 80 comités régionaux et ligues dans toutes les disciplines. Si cet engagement de la Région vise avant tout à rendre le sport accessible à toutes et tous, on constate aujourd’hui que cette politique permet à de jeunes pousses de percer, dans le football tout particulièrement, et de se diriger vers une carrière professionnelle. Pour le plus grand bonheur des supporters de clubs franciliens.

Le match d’ouverture de la Ligue 2 est à l’image de la vitalité du football en Ile-de-France. Un bémol néanmoins et il est de taille : il n’a pas lieu dans notre région ! Les joueurs du Red Star n’auront pas la possibilité, pour cette saison en Ligue 2, de jouer dans leur arène historique, le stade Bauer. Malgré l’engagement du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France auprès de l’équipe dirigeante du club, aucune solution n’a été encore trouvée. Ne polémiquons pas inutilement mais disons les choses tout net : il faudra trouver une solution de long terme pour tous ces supporters qui ne peuvent pas, à chaque match « à domicile », se déplacer à Beauvais. D’autant plus que, si vous voulez un avis de connaisseur, le club est parti pour rester au plus haut niveau pendant de nombreuses saisons. Alors anticipons et préparons la suite.

Affiche alléchante donc ce vendredi 31 juillet. Mais il reste un petit caillou dans le pied des dirigeants du club de Saint-Ouen. Espérons qu’une solution soit trouvée rapidement pour continuer à faire du football cette grand-messe populaire qui réunit les habitants d’un même lieu autour d’une équipe qui les fait vibrer. Que l’on vienne de Paris, de Saint-Ouen ou de Créteil.

Bon match à tous et que le meilleur gagne.

Remettons les choses à leur place

Chère Madame Pécresse,

Mercredi dernier au conseil d’administration du STIF puis lors de la séance plénière du conseil régional, nous avons voté le dézonage entier de la carte Imagine’R scolaire. Cette mesure, dans la continuité du Pass Navigo à tarif unique, sera mise en service dès le 1er septembre prochain. Elle profitera à 400 000 collégiens, lycéens et apprentis franciliens. A l’image du Pass Navigo à tarif unique, c’est une véritable bouffée d’oxygène pour le pouvoir d’achat des familles franciliennes, et plus particulièrement pour celles qui habitent la grande couronne.

Depuis quelques temps pourtant, certaines de vos déclarations m’interrogent – elles me feraient presque sourire si vous n’étiez pas en campagne électorale permanente : vous seriez donc à l’origine du Passe Unique ? A moi comme aux Franciliens, cela nous avait échappé…

Retraçons les faits :

La majorité régionale rassemblée que je préside a été élue en 2010 sur un programme. Parmi les propositions, figurait le Pass Navigo à tarif unique pour tous. Et comme nous tenons nos promesses, nous l’avons fait.

Quand nous avons annoncé, le 25 novembre 2014, la mise en œuvre du Pass Navigo à tarif unique, vous l’avez d’abord qualifié de « totalement démagogique ». Vous avez ensuite affirmé qu’il s’agissait d’une « mesure électoraliste ». Vous avez donc voté contre au Conseil d’Administration du STIF du 10 décembre 2014.

Et voilà que Pierre Bédier et Patrick Devedjian, dans la foulée de cette annonce, expriment leur satisfecit.

Et voilà que les Franciliens plébiscitent cette mesure de justice sociale et de pouvoir d’achat, notamment les plus fragiles, en particulier tous ceux qui n’ont d’autres choix que d’habiter loin.

Et voilà que même les entreprises donnent leur accord – car sans leur accord, il n’y aurait pas eu de Passe Unique.

Dos au mur, vous avez dû rapidement faire volte-face et je vous reconnais une certaine habilité au changement de pied. Comme par miracle, vous vous mettez à dire à qui veut bien l’entendre qu’il s’agit d’une bonne mesure. Qu’il faut la maintenir coûte que coûte. Comme retournement de veste, on fait difficilement mieux.

Mais ce n’est pas fini. Le premier reproche que vous faisiez au Passe Unique, c’est son financement. Ou plutôt son absence de financement. Nous avons beau avoir expliqué et expliqué et expliqué comment nous comptions nous y prendre, vous avez dégainé vos armes favorites : la responsabilité du Gouvernement puis la hausse d’impôts. C’était en mai 2015. Or vous savez parfaitement que la Région n’a pas d’autonomie fiscale, c’est-à-dire aucun pouvoir de taux, mis à part sur la carte grise, qui est loin de couvrir la totalité du montant engagé.

Aujourd’hui, vous poussez le ridicule encore plus loin, en annonçant que l’idée du Passe Unique étendu aux collégiens et lycéens est aussi votre idée. Comment ne pas y voir une énième marche arrière qui lève le voile sur le vide de vos propositions ?

Vous expliquez que vous financerez la contribution régionale par des redéploiements. Certes, il s’agit exactement de ce que la majorité régionale a annoncé d’emblée. Mais ce n’est pas grave, puisque c’est vous qui le dites, alors ce seront de vraies économies.

Vous annoncez que vous déménagerez le siège de la région pour le faire. Certes, mais nous avons déjà commencé à travailler sur le sujet, avec le Président Karoutchi et la Commission des Finances. Un article des Décodeurs du Monde retrace d’ailleurs plutôt bien l’approximation de vos propos.

Il faut donc trouver autre chose. Car ce n’est pas suffisant pour marquer les esprits. Vous y ajoutez donc la suppression de la tarification sociale pour les bénéficiaires de l’aide médicale aux étrangers. Vous la confondez allègrement avec l’ensemble de la tarification sociale dans les transports – laquelle comprend les allocataires du RSA, les bénéficiaires de l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique), ceux de la CMUC (Couverture Maladie Universelle Complémentaire) et ceux de l’AME (Aide Médicale d’État) – mais qu’importe, vous jugez l’argument efficace. Pourquoi ne pas l’utiliser ?

Et pour couronner le tout, vous annoncez que vous financerez et le Passe Unique et son extension par la lutte contre la fraude. Ce qui était exactement, mot pour mot, l’argument de Jean-François Copé lorsqu’il était candidat en 2004 et qu’il proposait sa carte orange à 45€. Nous y sommes. La boucle est enfin bouclée. C’est l’éternel retour, comme le beau film de Jean Cocteau.

Vous voyez, Madame Pécresse, derrière les formules choc et les slogans faciles, derrières les circonvolutions, il y a la réalité. Et le problème avec le réel, c’est qu’il ne se dérobe pas.

Congrès annuel de Metropolis

Je me suis rendu la semaine dernière à Buenos Aires, en Argentine, pour le congrès annuel de Metropolis, l’association mondiale des grandes métropoles que j’ai l’honneur de présider. Voici le discours que j’ai prononcé lors du conseil d’administration. En cette année de COP21, j’ai rappelé que notre rôle, en tant que responsables politiques de grandes métropoles, est de prévoir les évolutions de nos sociétés.

« Je tiens à remercier Mauricio Macri pour l’accueil chaleureux qui nous est fait pour ce 30ème anniversaire de l’association Metropolis.

Je veux aussi remercier M. Alain Le Saux, secrétaire général de notre association, pour l’organisation, en collaboration avec les autorités de Buenos Aires, de cette rencontre.

C’est un réel plaisir de se retrouver à nouveau tous ensemble et de pouvoir discuter dans un cadre aussi exceptionnel.

Cela fait 30 ans. Oui, 30 ans déjà que notre association existe. En 1985, à Montréal, 14 représentants de grandes métropoles mondiales, aussi diverses qu’Abidjan, Barcelone, Le Caire et Turin, fondèrent METROPOLIS. Je tiens, en votre nom à tous, à leur rendre hommage aujourd’hui.

Je veux saluer leur vision et leur compréhension des enjeux et défis que rencontrent nos métropoles. Des défis qui, en fin de compte, sont ceux du développement durable et écologique de nos sociétés : étalement urbain, croissance démographique, migrations, logement, mobilité, protection de l’environnement, etc. Les difficultés que nous rencontrons sur ces différents sujets ont été anticipées dès la création de l’association, et avec la certitude que c’est en partageant nos expériences que nous réussirons à servir au mieux nos concitoyens.

Je me permets donc de saluer chaleureusement Juan Antonio Portesi et Josep Roig, ici présents, qui participèrent tous deux au congrès fondateur de METROPOLIS et les remercie pour leur formidable travail depuis 30 ans.

Cet anniversaire est l’occasion pour moi de revenir sur l’histoire récente du mouvement international des villes. METROPOLIS y a tenu un rôle important, en lui donnant une dimension nouvelle. Une dimension métropolitaine.

Dès 1992, pour la conférence de Rio, en nous associant avec la Fédération Mondiale des Cités Unies et à l’Union Internationale des Autorités Locales, nous avons permis d’unifier ce mouvement international et de porter haut les couleurs des métropoles. Avec la création de Cités et Gouvernements Locaux Unis en 2004, nous avons mis la dernière touche à cette union internationale exceptionnelle.

Mais nous aurions tort de penser que METROPOLIS ne doit pas continuer d’évoluer. Etant passée de 14 à 140 membres, notre organisation se doit d’évoluer. Elle doit redonner du sens à son action, pour mieux prendre en compte l’évolution du monde et l’apparition de nouveaux défis.

Car en 30 ans, notre monde a connu des bouleversements sans précédent.

Des progrès immenses ont été réalisés bien sûr. En matière de lutte contre la pauvreté, d’accès à la santé et à l’éducation pour tous, de mobilité et d’accès à différents services publics. Dans tous ces domaines, des inégalités criantes ont été réduites, et c’est souvent à l’intérieur des espaces métropolitains que les solutions les plus innovantes ont vu le jour.

Les métropoles se sont ainsi affirmées comme des moteurs de l’économie mondiale, centres d’innovation industrielle et technologique, mais aussi d’innovation sociale et citoyenne. L’Ile-de-France, par exemple, représente près d’un cinquième de l’économie française.

Mais il serait présomptueux de notre part de penser que nous avons résolu tous les problèmes propres aux grandes métropoles mondiales.

Si elles sont le lieu privilégié de la création de richesses et d’innovations, elles concentrent souvent d’importantes inégalités. C’est d’ailleurs dans nos grandes métropoles, surtout en Europe et dans les pays d’Amérique du Nord, que les conséquences de la crise économique et financière de 2008 ont été les plus visibles. Notre devoir, en tant que responsables politiques, est de faire en sorte que le plus grand nombre puisse profiter des richesses et innovations dont nos territoires sont porteurs.

Notre responsabilité sur ces questions est d’autant plus grande aujourd’hui que nous faisons face à un mouvement de fond de l’opinion publique mondiale.

Occupy Wall Street, le mouvement des Indignés en Espagne, les grandes manifestations au Brésil, et même le printemps arabe d’une certaine façon, tous ces événements traduisent une réalité que nous devons prendre en compte : les citoyens ont leur mot à dire.

L’époque où nous pouvions décider de l’avenir d’une population depuis notre bureau en consultant au maximum deux ou trois personnes, cette époque est révolue. Le développement de la démocratie participative est un fait indéniable, et nous devons en prendre la mesure en l’intégrant dans notre manière de concevoir nos politiques publiques.

C’est pourquoi notre rencontre annuelle est organisée autour du thème Vivre la ville. De nombreuses expériences locales et donc très opérationnelles seront exposées, pour mieux nourrir nos échanges, en gardant à l’esprit les notions clés d’inclusion sociale, d’innovation et de développement durable.

A travers ces débats, il s’agît de faire naître la ville de demain. Une ville plus intelligente, plus innovante, plus respectueuse de l’environnement et qui met toujours le citoyen au cœur de son développement. Avec l’apparition des réseaux sociaux et d’outils de communication de plus en plus sophistiqués, nous ne pouvons pas ignorer cette urgence.

Enfin, nos discussions au cours des prochains jours sont d’autant plus importantes que les engagements internationaux en matière d’habitat, de protection de l’environnement et de transition énergétique ne pourront pas être tenus sans l’implication des pouvoirs locaux.

La mise en œuvre de l’Agenda Urbain Mondial, surtout avec les prochains engagements de la COP21 à Paris, ne se fera pas sans les métropoles.

Mais ces engagements ne doivent pas être considérés comme une punition, comme une défiance envers les métropoles de la part de la communauté internationale. Au contraire, le développement durable et la transition énergétique sont des sources permanentes d’emploi et d’innovation.

Notre rôle, en tant que responsables politiques de grandes métropoles, est de prévoir les évolutions de nos sociétés. Nous allons faire face à une urbanisation galopante dans les prochaines décennies. Nous serons près de 5 milliards de citadins en 2030, avec des phénomènes de pauvreté très importants. Si nous réussissons à relever les défis de la transition énergétique et de l’inclusion sociale dans nos territoires, alors la bataille pour un développement durable sera une victoire pour tous.

Notre association doit être en capacité de faire face à ces problèmes en faisant évoluer son organisation. Et cette rencontre anniversaire autour du thème Vivre la ville représente bien cette volonté d’évolution de notre part.

Je conclurais en remerciant une nouvelle fois Mauricio Macri pour son accueil à Buenos Aires, ainsi que toute l’équipe de METROPOLIS pour l’organisation de cette rencontre annuelle.

J’espère que vous profiterez tous des échanges qui vont se dérouler au cours des prochains jours, et que vous en tirerez des idées nouvelles à mettre en œuvre dans vos métropoles respectives.

N’oubliez jamais que nous nous sommes engagés un jour auprès de nos concitoyens pour les conduire vers un avenir meilleur. C’est en partageant ce que chacun a de plus innovant et de plus durable que nous rendrons le monde meilleur.

Je me réjouis déjà de voir que tout le monde ici est prêt à prendre cet engagement.

Je vous remercie. »

Jérusalem: la paix passera aussi par des actes concrets

Tribune publiée sur le Huffington Post

Jérusalem est une ville de symboles : terre sainte pour de nombreux croyants, lieu d’histoires multiples et parfois antagonistes, image même, aux yeux du monde, de la complexité du conflit Israélo-Palestinien…Mais Jérusalem n’est pas qu’un symbole. C’est aussi, tout simplement, une ville où des gens vivent. Difficilement. En dépit de tout, et au-delà de tout. De l’insécurité, des inégalités sociales, des difficultés quotidiennes à coexister.

Jérusalem est aujourd’hui la ville de nombreux Israéliens, qui aspirent légitimement à vivre ici chez eux. Ils y affrontent au quotidien l’insécurité, la peur d’être tués ou blessés par des fanatiques qui leur contestent jusqu’au droit de respirer.

Jérusalem est aujourd’hui la ville de nombreux Palestiniens, qui aspirent légitimement à vivre ici chez eux. Ils y affrontent de nombreuses difficultés: un taux de chômage très élevé, une activité économique quasi-absente, une crise du logement de plus en plus criante, et la crainte que la logique de guerre les prive, demain ou après-demain, de leur droit de cité.

De part et d’autre, des voix s’élèvent pour la paix. Des voix lassées par le climat de guerre qui asphyxie les populations, attise les ressentiments, creuse des fossés de plus en plus difficiles à combler dans cette ville privée de la banalité du quotidien. De cette banalité et de cette routine, que l’on cherche parfois à fuir ailleurs, mais qui est pourtant le socle indispensable et apaisé pour que chacun puisse construire sa vie.

La paix est parfois moins une affaire de grandes idées que des actes concrets. En s’engageant depuis 2012 pour aider les palestiniens de Jérusalem-Est à accéder aux soins, à se former pour trouver un travail, à vivre au quotidien leur culture, à organiser la vie de leur communauté, la Région Ile de France espère contribuer, dans la mesure de ses moyens, à favoriser les conditions d’une paix durable entre Palestiniens et Israéliens.

De telles actions sont bénéfiques pour les deux populations. Parce qu’elles aident les Palestiniens à satisfaire des besoins essentiels. Mais aussi parce que la sécurité des Israéliens ne pourra que s’améliorer quand les Palestiniens, notamment les plus jeunes, pourront se concentrer sur des projets professionnels et la perspective d’un progrès social, plutôt que d’avoir pour seul horizon leur ressentiment envers les Israéliens.

Lors des émeutes de Jérusalem-Est à l’été 2014, il n’y avait pas de gouvernement local palestinien en capacité de coordonner le maintien de l’ordre sur le territoire. Ce sont donc les policiers israéliens qui ont dû contenir, avec virulence, les violences commises par les jeunes. De telles actions de la police israélienne ne peuvent mener qu’à l’escalade des violences, et au renforcement à long terme des traumatismes et de la haine. Pour avancer vers la paix, pour laisser derrière elle les violences et des privations, la société de Jérusalem-Est doit être en meilleure santé, elle doit être plus forte et gagner en autonomie.

De nombreuses voix s’élèvent en Israël, en France, comme partout dans le monde, pour appeler à solution qui permette demain la coexistence pacifique de deux Etats, Israël et la Palestine. Nous sommes convaincus que cette solution ne peut passer que par une vraie prise en compte de la réalité et des besoins quotidiens de tous les habitants de Jérusalem, ceux de l’Ouest et ceux de l’Est. Les Israéliens et les Palestiniens.

Jean-Paul Huchon

Hilik Bar, Vice-président de la Knesset et Secrétaire général du Parti travailliste israélien

Avec les Arméniens, cent ans après

Le 21 février 1944, au Mont-Valérien, vingt-deux hommes tombaient sous les balles de l’Occupant. Parmi eux s’en trouvait un, que les affiches de propagande de l’armée allemande désigneront quelques jours plus tard comme « l’Arménien, chef de bande ». Missak Manouchian : c’était son nom.

Missak l’Arménien, arrivé en France en 1925, comme tant de ses compatriotes, après s’être réfugié au Liban.

Missak, le jeune natif d’Adyaman, qui vit mourir sous ses yeux son propre père, massacré par l’armée turque, alors qu’il avait à peine huit ans.

Missak dit Michel, entré à son arrivée à Paris comme ouvrier tourneur aux usines Citroën.

Missak le poète, qui traduisait Rimbaud et Verlaine en arménien.

Missak le militant, Missak le résistant, commissaire militaire des Francs-Tireurs Partisans – Main d’œuvre Immigrée.

Missak, mort pour la France à 38 ans, le 21 février 1944, au Mont-Valérien.

Missak, que la douleur de la mort de près d’un million et demi de ses concitoyens n’a jamais quittée, et qui resta marqué toute sa vie par ce qui fut le premier génocide de l’histoire du XXe siècle, au point de donner la sienne pour en empêcher un autre.

Comme tant d’autres Arméniens de son âge, il a été témoin de l’un des crimes contre l’Humanité les plus atroces de l’histoire de l’Europe. Les convois et les camps, les massacres des vieillards et les viols des jeunes filles, la déportation vers la Syrie et le Liban, les longues marches dans lesquelles nombre d’entre eux ont perdu la vie.

Comme 60 000 survivants, il a trouvé refuge en France. Comme eux, il a construit la France et contribué à l’essor de la Région capitale. Ils sont venus nombreux vivre à Alfortville, à Issy-les-Moulineaux, à Clamart, Arnouville, Belleville et dans bien d’autres communes ou quartiers d’Ile-de-France. Leurs descendants sont aujourd’hui 400 000.

La diaspora Arménienne, c’est la France et c’est l’Île-de-France.

Leur mémoire, c’est notre mémoire.

Hier soir, j’ai pris l’avion avec le Président de la République. Il y a là avec nous bien des élus Franciliens. Nous sommes arrivés à Erevan au petit matin. Nous sommes venus entourer les Arméniens et commémorer avec eux le centenaire du début du génocide. Pour nous souvenir de cette nuit où le Préfet de Constantinople ordonna l’arrestation de l’élite arménienne de la capitale ottomane. Ce n’était pas le premier massacre. Mais ce fut le jour où tout bascula, où tout commença. Où tout fut organisé. Où débuta, réellement, le génocide des Arméniens.

Reconnaître ce drame, le reconnaître dans toute son ampleur, le reconnaître comme génocide, ce n’est pas réparer l’Histoire. Car l’Histoire, qui ne s’efface pas, est irréparable. Mais cette reconnaissance vient dire que nous ne l’oublions pas et que nous ne devons pas oublier.

Reconnaître un génocide, c’est d’abord un travail d’historien. Un grand colloque international, porté par Yves Ternont, s’est d’ailleurs tenu en Sorbonne il y a quelques semaines. Nous l’avons soutenu et accompagné, avec le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France.

Reconnaître un génocide, c’est ensuite un acte politique. La France l’a reconnu en 2001. Le Parlement Européen quelques années plus tôt. Le Conseil de l’Europe il y a quelques mois. L’Autriche, pas plus tard qu’hier. D’autres pays du monde encore. Et, nous souhaitons tous qu’un jour le génocide des Arméniens soit reconnu par la Turquie. Parce que cette reconnaissance, dans le respect des victimes et dans le respect des vivants, sert de rempart au recommencement.

Reconnaître un génocide, c’est enfin en perpétuer le souvenir, et mener un travail de mémoire collectif et exigeant. La Région y apporte sa pierre. Peut-être avez-vous eu, d’ailleurs, ce numéro spécial de la Revue Histoire, qui a été mis à disposition des lycéens d’Ile-de-France. Il y aura dans la Région, de nombreux événements pour commémorer le centenaire de ce drame.

Les liens entre la France et l’Arménie, entre l’Ile-de-France et l’Arménie, sont des liens profonds parce qu’ils s’enracinent dans les déchirures de l’Histoire. Mais ils se vivent aussi au quotidien, aujourd’hui. Nous y travaillons en particulier avec la capitale, Erevan, avec laquelle nous avons un accord de coopération.

Lorsque vous passerez, dans les jours qui viennent, sur une place ou dans une rue, qui porte le nom de Manouchian, à Tremblay-en-France, à Gennevilliers, à Nanterre, à Rosny-sous-Bois, à Alfortville, Arnouville, Gonesse, Vitry, Ivry ou Paris, arrêtez-vous un instant. Souvenez-vous de cet homme. Souvenez-vous de ce qu’il a traversé, et de ce que tant d’Arméniens ont vécu dans leur chair. Et prononcez ces quelques vers qu’Aragon a repris, dans Le Roman Inachevé, de la dernière lettre qu’il a envoyée à sa femme, Mélinée, juste avant de mourir : Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre / Je meurs sans haine en moi.

Jean-Paul Huchon

Brassons nos idées !

Je crois beaucoup en l’intelligence collective.

Mais je crois sincèrement qu’aujourd’hui, on ne la pratique pas assez. C’est l’une des raisons de ce sentiment d’éloignement, de déconnexion qu’éprouvent les citoyens vis-à-vis de leurs élus. Vous l’avez largement relayé à l’occasion des ateliers « Imaginons notre Ile-de-France », qu’ont organisés l’an passé les huit fédérations socialistes d’Ile-de-France. Je l’évoquais sur ce blog il y a quelques semaines à propos de l’extrême-droite.

En politique, on invoque souvent un impératif : la décision. Oui, un bon politique décide. Mais celui qui prétend savoir tout, tout seul, est assuré, à un moment où à un autre, de commettre des erreurs et de perdre de vue l’intérêt général. Le problème, c’est que ses erreurs nous engagent tous et l’on paie toujours le prix, à long terme, d’une mauvaise décision politique. Cela peut coûter 600 milliards d’euros par exemple : c’est la montagne de dettes que nous ont laissée Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse en cinq ans.

Et voilà comment la déconnexion devient de la dépossession, dans tous les sens du terme. Ce n’est pas ma façon de faire de la politique : je me pense comme un capitaine, pas un caporal. Subordonné au projet, le collectif est la clef de voute de la décision ; c’est d’ailleurs la manière dont je conduis l’action de la majorité régionale en Ile-de-France, rassemblant les individualités, rassemblant la gauche au sein d’un collectif qui a produit des résultats que personne ne conteste. Le rassemblement de la gauche est une obsession car il est essentiel pour battre la droite et mener le combat face à l’extrême-droite. N’en déplaise, le rassemblement de la gauche ne se mérite pas, ne se décrète pas uniquement sur des accords d’états-majors des partis, au bout de longues heures de négociations à huis-clos : il se construit, il se travaille au quotidien. Avec les élus, avec les militants, et plus largement avec tous les citoyens qui se pensent de gauche, qui se vivent de gauche, mais ne prendront pas leur carte pour autant.

Depuis ces années, je n’ai pas changé : ma préoccupation est autant d’aller convaincre ceux qui participent déjà que d’aller chercher ceux qui n’y croient plus. Au fond, la question est simple : comment un élu peut-il demander aux gens de lui faire confiance, s’il a trop confiance en lui, et pas assez confiance en eux ? Il faut inverser cette tendance de notre société. La Région a toujours su être pionnière dans la participation des citoyens – je pense aux débats du Grand Paris Express, à la plateforme du débat publique ou au droit d’interpellation populaire. Je veux aller plus loin que ce que nous faisons déjà car la Région est devenue forte : elle peut et elle doit désormais rendre le pouvoir aux citoyens. Pas seulement pendant une campagne, mais aussi dans l’exercice du pouvoir, le temps d’un mandat. Cette révolution démocratique, je veux la faire avec vous tous. Parce que l’Ile-de-France se transforme, qu’aujourd’hui elle passe un cap. Ma seule ambition c’est que nous le passions tous ensemble, et non pas chacun pour soi. C’est l’engagement que je prends devant les Franciliens.

« Imaginons notre Ile-de-France » était une première étape ; c’était l’occasion d’écouter les besoins – et les critiques – de chacun. Je vous propose de passer à la seconde. « Brassons nos idées » sera l’occasion d’échanger avec chacun sur ce que nous pouvons faire ensemble en Ile-de-France. Je veux vous entendre, débattre avec vous, pour construire l’Ile-de-France de demain. Avec Olivier Thomas et Sandrine Grandgambe, nous vous avions donné rendez-vous hier à Marcoussis. C’était foisonnant. C’était convivial. Et j’ai beaucoup appris. J’aurai l’occasion d’y revenir. Ce n’est qu’une étape sur cette route de l’intelligence collective. Il y en aura d’autres. Et je compte sur vous pour qu’elles soient révolutionnaires.

Jean-Paul Huchon

Du Pass Navigo à tarif unique au Pass universel de services

JPH JDD ITV - Projet

« Ma priorité est de lutter contre les égoïsmes, le repli sur soi, les inégalités sociales et territoriales, car c’est là-dessus que prospèrent la droite et le Front National. Dès cette année, au 1er septembre 2015, nous allons mettre en œuvre le Pass Navigo à tarif unique. C’est une mesure majeure en faveur du pouvoir d’achat des Franciliens. Cela représente une économie entre 500 et 1.000 euros pour une famille en grande couronne. C’est aussi un moyen de rendre l’Ile-de-France accessible à tous et de renforcer les liens qui unissent les habitants de la Région. Dans mon projet pour la prochaine mandature, j’irai plus loin et je proposerai de transformer le Pass Navigo en un Pass universel de services. C’est révolutionnaire !

Ce sera en quelque sorte un passeport francilien, une carte d’accès à des services en commun. Il est déjà possible d’utiliser le réseau Vélib’ avec le Pass Navigo. Nous pourrons aussi mutualiser sur ce même support l’accès aux infrastructures sportives – comme les piscines –, culturelles – comme les musées ou les bibliothèques –, voire aux organismes sociaux ou de santé. Le Pass universel de services sera un enjeu démocratique évident, un enjeu de modernisation de l’action publique considérable, car générateur de nombreuses économies de fonctionnement, et un enjeu social majeur, car nous devons casser les barrières qui empêchent trop de Franciliens de bénéficier des services auxquels ils pourraient prétendre. L’Ile-de-France peut être pionnière. Nous pouvons le faire, nous devons le faire. »

Retrouvez l’intégralité de mon interview dans le JDD.fr